Séquence pédagogique

La place des femmes dans la Première Guerre mondiale

le par - modifié le 12/05/2022
le par - modifié le 12/05/2022

La Première Guerre mondiale est-elle, pour les femmes, un moment d’émancipation majeur ? Ce sujet est traité en classe de troisième. Il est aussi abordé en première. L’objectif : les conséquences à court et long termes de la mobilisation des civils, notamment en ce qui concerne la place des femmes dans la société.

SÉQUENCE PÉDAGOGIQUE CLÉ EN MAIN

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Introduction

Troisième : Thème 1 : L’Europe, un théâtre majeur des guerres totales (1914-1945)  - Chapitre 1 : Civils et militaires dans la Première Guerre mondiale

Première : Thème 4 : La Première Guerre mondiale : le « suicide de l’Europe » et la fin des empires européens - Chapitre 2. Les sociétés en guerre : des civils acteurs et victimes de la guerre.

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S’il est exact que les femmes occupent une place importante dans le fonctionnement de l’arrière, pour beaucoup il s’agit uniquement d’une parenthèse. En d’autres termes, elles seraient destinées, à la fin de la guerre, à réintégrer leur rôle traditionnel dans le cadre de la structure familiale. C’est particulièrement vrai en France, où les femmes n’obtiennent aucun rôle politique, à l’inverse de l’Angleterre ou de l’Allemagne.

Cette question peut être étudiée avec les élèves à travers trois articles de presse de 1916 et 1917 tirés des quotidiens Le petit journal, La dépêche du Berry et Le Temps. Nous pouvons aussi soumettre aux élèves l’étude de la Une de l’Excelsior pour leur permettre de comprendre le caractère exceptionnel du travail des femmes.

L’intérêt de cette séance est double : montrer la diversité des emplois exercés par les femmes, ainsi que les obstacles à leur intégration durable dans le monde du travail.

Document 1 : Une du journal Excelsior, 1917

« Des "munitionnettes" qui travaillent parmi les fleurs.

Le directeur d’une grande usine parisienne qui fabrique de munitions et emploie de nombreuses ouvrières a eu la charmante et très délicate pensée de rendre le travail de celles-ci plus agréable en leur distribuant, chaque matin, des fleurs. Et la rude tâche de ces bonnes Françaises leur semble plus agréable au milieu des roses, des œillets et des mimosas. »

Document 2 : extrait du Petit journal, 1916

« La femme ne peut pas concourir directement à la défense. Le front lui est interdit. Mais sa part reste belle puisqu’elle secourt ceux qui souffrent et seconde ceux qui travaillent. […] Nous voulons saluer tout d'abord les grandes inconsolables, celles dont le fils est mort à l'ennemi, celles qui, tendant leurs bras vides vers le héros tombé, disent adieu aussi à tous ces fantômes de lui-même qu'il laisse derrière lui, le tout petit choyé, le garçonnet disputé à la maladie, l'adolescent radieux... »

Document 3 : extrait de La dépêche du Berry, 1916

« La guerre a mis en relief le rôle des femmes et donné satisfaction aux plus ardents féministes qui rêvent "l’égalité sociale entre les deux sexes". Pourront-elles garder leur place nouvelle dans l’activité publique ? […] C’est un fait : au début des hostilités, les femmes ont remplacé les absents mobilisés dans des tâches pour lesquelles elles étaient médiocrement préparées ; on les vit, par exemple, employées du Métro et du Tramway, à la grande surprise de la population parisienne ; elles devinrent ensuite infirmières, cuisinières, comptables, secrétaires, dessinatrices de l’armée. […] Mais qu’adviendra-t-il après la guerre ? Vont-elles rester sur la brèche ? […] Elles compteront désormais sur leur droit au travail et il faudra aussi compter avec elles ; c’est ainsi que les syndicats qui les traitaient en ennemies acceptent maintenant la concurrence féminine et réclament le salaire égal pour les deux sexes. […]

Enfin, les femmes ne sauraient rien obtenir de durable si elles sont dépourvues de leurs droits politiques. »

Document 4 : extrait du Temps, 1917

« Et le rôle de la femme, quel sera-t-il après la guerre en France ? [...] M. Émile Boutroux fait observer que la tradition française veut, à juste raison, que nous recherchions et estimions à un très haut prix la vie de famille. [… il] considère que les problèmes pratiques, peut-être formidables, qui se poseront, n’ébranleront pas l'édifice de la famille si l’homme et la femme comprennent bien qu’ils sont faits l’un pour l’autre et doivent se compléter, non se doubler. Mais voilà : ils ne le comprennent pas toujours... »

Exercices

Questions :

  1. Pourquoi les femmes sont-elles appelées pour travailler pendant la guerre ? Citez quelques exemples d’emplois assurés par des femmes. Quelle pouvait être leur occupation avant la guerre ?
  2. Qu’espèrent-elles obtenir une fois la guerre finie ?
  3. Expliquez les deux phrases soulignées dans La Dépêche du Berry et dans Le Temps. Qu’en déduisez-vous ?
  4. Dans une synthèse vous expliquerez la place des femmes pendant la guerre ainsi que les freins à leur intégration durable dans le monde du travail.

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