Long Format

Les chroniques de George Sand pour La Presse et Le Temps

le par - modifié le 07/03/2021

Écrivaine extrêmement prolixe, George Sand a contribué jusqu’à la fin de sa vie à la rédaction d’articles de journaux. Nous nous attardons ici sur deux séries de feuilletons remarquables et novateurs, pour le compte de La Presse puis du Temps.

D’une incroyable productivité littéraire, George Sand a aussi prêté sa plume, tout au long de sa carrière, à de nombreux journaux et contribué à en créer plusieurs, L’Éclaireur de l’Indre en 1843 ou La Cause du peuple en 1848, notamment.

C’est d’ailleurs  à la presse qu’elle doit ses débuts et son pseudonyme : en janvier 1831, la jeune Aurore Dudevant, âgée de 27 ans, mal mariée à l’irascible baron Casimir Dudevant, déjà mère de deux enfants de huit et trois ans, se réfugie pour quelques mois à Paris avec son amant, Jules Sandeau. Pour survivre, le couple doit faire preuve d’inventivité – Aurore commence par peindre des tabatières puis se voit proposer, par le directeur du petit journal satirique Le Figaro, Henri Delatouche, d’écrire « ce qu’il lui plaira ». Jules et Aurore planchent en commun pour livrer des nouvelles qu’ils signent J.S. ou J. Sand, abréviation de « Sandeau ». 

Leur production acquiert vite une petite notoriété littéraire, mais la jeune femme ne semble guère apprécier l’expérience, comme elle l’évoque dans une lettre du 4 mars 1831 : 

« M. Delatouche, est sur nos épaules, taillant, rognant à tort et à travers, nous imposant ses lubies, ses aberrations, ses caprices […]. 

Nous se sommes que ses manœuvres, ouvrier-journaliste, garçon-rédacteur. »

Heureusement, ce travail de forçat ne dure guère : dès l’automne 1831, la jeune femme est de retour au foyer conjugal, et délaisse la copie payée à la ligne pour se lancer dans un roman de plus grande envergure – Indiana, publié en mai 1832, qui lance sa carrière d’écrivaine. Mais de cette première expérience journalistique, Sand devait conserver deux précieux acquis : son pseudonyme (Indiana est signé G. Sand), et une leçon d’écriture par défaut. 

Car la romancière, d’une prolixité phénoménale, d’une fantaisie et d’une imagination presque sans limite, ne devait jamais réussir à se conformer à la forme concise et neutre imposée par le format journalistique. Ce qui ne l’empêcha pas de deve...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Notre sélection de livres

Découvrez une sélection d'ouvrages édités au XIXe siècle et issus d'un catalogue de 13 000 epubs !
Coffret George Sand
George Sand
Achetez ce livre sur :