Chronique

Orgies, saphisme et coups de feu : un divorce mouvementé à la Belle Epoque

le 11/04/2021 par Emmanuelle Retaillaud
le 07/04/2021 par Emmanuelle Retaillaud - modifié le 11/04/2021
« Curiosités médico-artistiques », gravure de Lucien Nass, 1907 - source : WikiCommons
« Curiosités médico-artistiques », gravure de Lucien Nass, 1907 - source : WikiCommons

Mari violent et volage, le dandy aristocrate M. de Molen tire sur un vieil homme dans la rue et plaide, pour sa défense, l’homosexualité de sa femme. Les journaux s’emparent immédiatement de ce sujet hautement croustillant.

Il est environ 16h30, ce 5 novembre 1886, quand, dans une paisible rue de Dijon, un homme aux aguets sous une porte cochère se précipite vers une jeune femme qu’il voit sortir d’un cabinet d’avoué, en compagnie d’un homme plus âgé.

« M. de Molen avait tiré son revolver et ajustait sa femme, le canon braqué en plein visage.

Instinctivement, Mme de Molen se baisse, instinctivement aussi son grand père se place entre elle et le canon du revolver ; il lui fait un rempart de son corps. 

Deux coups de feu retentissent à une distance d’une ou deux secondes à peine, et le vieillard tombe ensanglanté. » 

Le « vieillard », M. Boissin, va survivre à ses blessures. Mais le mari homicide est immédiatement arrêté et doit comparaître à partir du 28 février 1887, devant la cour d’assises de la Côte d’Or. 

La presse locale et nationale se délecte de ce fait divers qui croise plusieurs dimensions « croustillantes » : au delà du sc...

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