Chronique

Quand les zombis haïtiens commençaient à investir l’imaginaire français

le 24/10/2020 par Philippe Delisle
le 19/10/2020 par Philippe Delisle - modifié le 24/10/2020
Groupe d'enfants haïtiens, photo parue dans La France de Bordeaux et du Sud-Ouest, août 1935 - source : RetroNews-BnF
Groupe d'enfants haïtiens, photo parue dans La France de Bordeaux et du Sud-Ouest, août 1935 - source : RetroNews-BnF

Figure aujourd’hui universellement reconnue dans la culture populaire, le zombi apparaît en France dans l’entre-deux-guerres, via les récits d’aventuriers revenant d’Haïti. Vite, romans et films commencent à se servir de ce personnage double, à la fois mort et vivant.

L’île d’Haïti, ancienne colonie française de Saint-Domingue devenue indépendante en 1804, est connue pour abriter un culte original : le vaudou. Cette religion s’est peu à peu constituée sur place, en mobilisant et en renouvelant des traditions africaines importées par les esclaves mais déstructurées par l’exil, tout en employant pour s’exprimer des symboles issus du catholicisme ou de la franc-maçonnerie.

Le public européen la découvre au XIXe et au début du XXe siècle par le biais de récits de voyageurs, souvent marqués par un profond mépris à l’égard des croyances des Noirs, réduites à de simples « superstitions ». Avides d’exotisme et de sensationnalisme, les auteurs s’attardent sur la sorcellerie associée au vaudou, et mettent souvent en avant la figue spectaculaire du zombi, ou « mort-vivant » asservi par un sorcier.

Dans son récit de voyage en Haïti, intitulé Au pays des généraux [à lire sur Gallica], paru en 1891, le dénommé Texier, qui ne dissimule pas son peu d’aménité envers la « race noire », dépeint ainsi des pratiques occultes qui ne sont pas sans faire penser au vampirisme : adeptes déchirant les chairs et suçant le sang d’innocentes victimes.

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