Généalogie

Un policier dans la famille ? Plongez dans son quotidien grâce à RetroNews !

le 07/03/2022 par Tony Neulat
le 15/09/2021 par Tony Neulat - modifié le 07/03/2022
Un gendarme vers 1899 à Tlemcen (Algérie). © Tony Neulat

La presse ancienne nous offre l’opportunité de revivre les événements de l’époque à travers le regard de leurs contemporains et de saisir sur le vif quelques instantanés du quotidien de nos ancêtres. Mais lorsqu’il s’agit de gardiens de la paix, gendarmes ou policiers, les récits de ces tranches de vie revêtent des allures de roman d’aventures.

Alger (Algérie française), début du XXe siècle. Célestin François Neulat (1879-1964) y est alors agent de police d’après son acte de mariage. Du point de vue purement généalogique, ma mission est accomplie : ses dates de naissance, mariage et décès sont connues ; les noms de ses parents, conjoint et enfants également ; son ascendance est retracée sur nombre de générations. Néanmoins, est-il possible de se faire une idée plus précise du personnage, de sa vie et de ses actions ?

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EN SAVOIR PLUS

Face à un tel dessein, une réponse évidente s’impose : la presse ancienne. Mais avant toute recherche dans RetroNews, vérifions qu’il figure effectivement quelques titres de presse algériens parmi les journaux numérisés. Pour ce faire, rendons-nous dans la section « Titres de presse ». En saisissant « Algérie » au niveau du lieu de publication, trois lieux de publication sont automatiquement suggérés : Alger (Algérie), Hussein Dey (Algérie), Oran (Algérie). En sélectionnant ces trois lieux à l’aide de la manipulation « CTRL + clic », puis en cliquant sur le bouton « Appliquer », 7 titres de presse sont proposés : Fontaine, L’Atlas, Le Chahut, Le Cocu, Le Courrier de Tlemcen, L’Echo d’Alger et le Moniteur algérien. Eu égard aux thématiques de ces journaux et aux périodes en ligne, deux titres restent en lice : Le Courrier de Tlemcen (1861-1924) et L’Echo d’Alger (1912-1961).

Recherche des titres de presse publiés en Algérie.
Recherche des titres de presse publiés en Algérie.

Cette étape préalable nous permet de cibler drastiquement la recherche, et ce, même en l’absence d’abonnement, puisque le filtre sur le titre de presse, situé dans le menu de gauche, est accessible à tout un chacun. Car, si la saisie du mot-clé « Neulat » au niveau du moteur de recherche globale livre plus de 1600 résultats, un simple coup d’œil dans ce menu latéral nous révèle que 107 résultats proviennent de L’Echo d’Alger. Une analyse plus fine, sur l’ensemble des titres de presse présentant le terme « Neulat », en cliquant à maintes reprises sur « + Plus de titres de presse » nous laisse conclure que le patronyme Neulat est absent du Courrier de Tlemcen.

En conclusion, notre recherche peut donc se résumer de la sorte :

1- Saisie du mot-clé « Neulat » au niveau du moteur de recherche globale,

2- Clic sur le titre de presse « L’Echo d’Alger » à l’aide du filtre situé dans le menu de gauche,

3- Tri des résultats par date croissante à l’aide du filtre situé en partie supérieure droite,

4- Analyse méthodique des 107 résultats.

Un nombre moins raisonnable de résultats nous aurait conduit à recourir aux multiples critères de la recherche avancée, réservée aux abonnés.

Accès aux 107 résultats issus de L’Echo d’Alger.
Accès aux 107 résultats issus de L’Echo d’Alger.

Parmi ces 107 résultats, environ un quart ont trait à l’agent de police Célestin Neulat. Grâce à ces articles de presse, nous lui emboîtons le pas et l’accompagnons dans son quotidien au fil d’une douzaine d’arrestations de toutes sortes. Avec lui, nous menons ainsi une poursuite après un cambrioleur, nous résistons à une tentative de corruption, nous démasquons un faux aveugle et un faux mutilé, nous mettons la main au collet à divers voleurs à la tire et escrocs, nous voyons un homme poignardé mourir dans nos bras…

Si certains récits se cantonnent à un résumé des faits, d’autres sont plus vivants, voire cocasses. Voici quelques exemples de ces récits particuliers, qui laissent entrevoir les multiples facettes de la criminalité de l’époque :

« LES VOLS DANS LES VILLAS - UNE ARRESTATION. Les vols dans les villas aux environs d'Alger et, malgré toute la surveillance exercée, les malfaiteurs sont difficiles à pincer.

Cependant, le sous-brigadier Neulat, chef du poste de Mustapha-Supérieur, a réussi, après une course effrénée, à en arrêter un, le nommé Ouled Si Djemma Mohamed Seghir, âgé de 22 ans, un professionnel du vol dans les villas, qui exerçait son talent à Mustapha-Supérieur, la Colonne-Voirol et El-Biar. Présenté au Parquet, il a été placé sous mandat de dépôt. »

Particulièrement actif, Célestin Neulat, d’abord agent puis sous-brigadier dans le service de répression des fraudes, procède ainsi à de nombreuses arrestations dont une douzaine sont relayées dans le journal local : un voleur en août 1915, un boucher en mars 1918, un marchand en avril 1920, une voleuse en juillet 1920, un cambrioleur en février 1925 « après une course effrénée », un receleur en décembre 1925, un repris de justice mendiant en janvier 1928, un escroc en mai 1928, un pickpocket en février 1931, un faux aveugle en décembre 1932, un voleur à la tire en décembre 1933 et trois escrocs en septembre 1934.

Qui dit faits d’armes dit récompenses et ce policier zélé n’est pas en reste. Au moins trois médailles lui sont accordées : la médaille de deuxième classe en argent en 1920, comme l’indique L’Echo d’Alger du 11 février 1920 ; la médaille d’honneur en 1925, comme l’atteste le même journal du 6 avril 1925 ; enfin, la médaille d’honneur des épidémies, par décret du 25 juillet 1934 :

Par ailleurs, nous retrouvons également la trace de Célestin Neulat dans les journaux au travers de son implication associative, dans l’Amicale des agents de police, mais aussi probablement dans l’Association amicale des enfants de l’Aveyron. Le 29 septembre 1912, il est ainsi élu assesseur au sein de l’Amicale des agents de la police d’Alger, fonction à laquelle il sera réélu l’année suivante. En 1923, il est réélu comme membre du conseil d’administration de l’Amicale des gradés et agents de la police municipale d’Alger et, en 1934, il est élu vice-président de l’association, comme en témoigne L’Echo d’Alger du 9 mars 1934.

Ainsi, Célestin Neulat – un simple nom au départ – s’anime et prend peu à peu vie sous nos yeux, au fil des coupures de presse, des récits de ses arrestations parfois mouvementées et des comptes rendus de réunions associatives. Il nous apparaît comme un agent zélé et impliqué, que ce soit dans son métier ou dans la vie associative, respecté au sein de la police et de la population et récompensé pour ses actions et son dévouement.

Les journaux d’époque nous offrent la chance unique d’incarner ce personnage et de nous imprégner de son quotidien. Sans compter que cet exemple tord le cou à une idée préconçue : nul besoin d’être phénoménal pour apparaître dans le journal puisqu’un simple agent de police comme Célestin Neulat est cité une trentaine de fois dans la presse locale !

 

Passionné de généalogie depuis l’âge de douze ans, Tony Neulat est rédacteur dans La Revue française de généalogie et membre de la European Academy of Genealogy. Il partage, depuis 2009, son expérience et ses conseils à travers ses publications et ses formations. Il est également auteur des guides Gallica et RetroNews : deux eldorados généalogiquesRetrouver ses ancêtres à Malte et Trouver des cousins inconnus ou perdus de vue.

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