Chronique

Être danseuse en Europe au XIXe siècle

le 08/06/2021 par Emmanuelle Delattre-Destemberg - modifié le 17/10/2021

Que signifiait être femme et travailleuse dans les théâtres et salles de spectacle du XIXe siècle ? Les représentations des danseuses en vierge blanche monopolisent l’imaginaire mais dissimulent les difficultés auxquelles ces femmes, souvent d’origine modeste, devaient alors faire face.

Cet article est paru initialement sur le site de notre partenaire, le laboratoire d’excellence EHNE (Encyclopédie pour une Histoire nouvelle de l’Europe).

Identités et circulations

Au XIXe siècle, les danseuses sont issues de milieux sociaux très hétérogènes.

Une première catégorie rassemble les « enfants de la balle », ceux dont les parents sont déjà intégrés aux réseaux artistiques, et qui donnent parfois naissance à des dynasties tels que les Taglioni ou les Vestris que tous les théâtres européens accueillent aux XVIIIe et XIXe siècles. En raison de la naissance des agences d’impresarii et de la libéralisation du secteur du spectacle, le poids des réseaux familiaux s’estompe même s’il persiste des fratries remarquables telles les sœurs Félicité et Lise Noblet qui se produisent à Paris et à Bruxelles, ou les frères Lucien et Marius Petipa, danseurs puis maîtres de ballet, en France et en Russie.

Une seconde catégorie, la plus nombreuse, regroupe les enfants de milieux modestes et souvent urbains, pour lesquels la danse a pu être un espace d’apprentissage professionnel au même titre qu’un atelier de tissage ou d’une b...

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