Écho de presse

Quand les Français découvraient Nietzsche

le 20/06/2021 par Pierre Ancery
le 18/01/2018 par Pierre Ancery - modifié le 20/06/2021
Friderich Nietzsche, photographie de Friedrich Hartmann, 1875 - source : WikiCommons

Lus à partir des années 1890 en France, les livres du plus célèbre philosophe allemand du XIXe siècle sont admirés dans la presse d'alors. Même si certains journaux crient au fou.

Né en 1844, Friedrich Nietzsche aura écrit toute son œuvre entre 1871 (La Naissance de la tragédie) et 1888 (Ecce homo). Mais celui qui déclarait être « né posthume » ne sera vraiment lu et reconnu en-dehors d'Allemagne qu'à la toute fin du XIXe siècle. En France, son œuvre déclenchera alors un flot de commentaires passionnés.

 

Avant les années 1890, on ne parle quasiment pas de lui. Son nom est certes mentionné comme un exemple de « wagnérisme » forcené dès 1877, dans le journal Le Français, qui fait une critique peu élogieuse de son ouvrage Richard Wagner à Bayreuth :

 

« M. Nietzsche, professeur de philologie classique à l’université de Bâle [...], a essayé de peindre l’écrasement physique et moral qu’il a éprouvé en entendant exécuter la tétralogie des Nibelungen […]. Il est bien difficile d'y comprendre grand-chose, et, lorsqu’on a lu attentivement ces deux cents pages, on n’a dans la tête qu’un fourmillement de mots. »

 

En 1890, dans une note de bas de page, un rédacteur du Ménestrel explique qu'il est « mort fou », comme Louis II de Bavière ou Charles Baudelaire, autres admirateurs de Wagner. Sauf qu'en réalité, Nietzsche n'est pas encore mort : il ne s'éteindra qu'en 1900.

 

En revanche, il est bien fou... Après une violente crise survenue à Turin en 1889, l'auteur de Par-delà le bien et le mal vit désormais dans une clinique d'aliénés à Bâle, où il a été interné et où il finira ses jours.

 

Sa célébrité, elle, est en marche. En 1892, Le Figaro écrit :

 

« Serions-nous devenus sans nous en douter des disciples de Nietzsche ? Ce philosophe qui abuse des consonnes dans l'orthographe de son nom est en ce moment à la mode à Berlin, mais il est peu connu en France.

 

D'un trait de plume, il a supprimé la morale. Il considère la notion du bien et du mal comme un préjugé vulgaire, dont les esprits cultivés doivent s'affranchir. »

 

C'est en 1893 qu'Henri Albert l'introduit auprès du ...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Notre sélection de livres

Découvrez une sélection d'ouvrages édités au XIXe siècle et issus d'un catalogue de 13 000 epubs !
Le Gai Savoir
Friedrich Nietzsche
Achetez ce livre sur :
Frédéric Nietzsche
Eugène de Roberty
Achetez ce livre sur :
Ainsi parlait Zarathoustra
Friedrich Nietzsche
Achetez ce livre sur :