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Le conte de fées au XVIIIe : une histoire merveilleuse – et terrible

le par - modifié le 10/06/2021

Le « conte de fées » a une histoire plus mouvementée qu’on ne pourrait le penser, et a été au siècle des Lumières un objet ambigu. Ses usages balançaient entre tradition et modernité, attribution populaire et création littéraire, outil social, voire arme politique.

Le conte de fées peut nous sembler un objet immobile, passé fidèlement de voix en voix de génération en génération. De fait, le conte oral présente parfois une constance remarquable, répété presqu’à l’identique à des milliers de kilomètres et à plusieurs siècles de distance. Mais, comme le montrent des études d’anthropologie historique précises, comme celle magistrale de Jean-Claude Schmitt sur la légende du « saint lévrier », le récit oral reste un matériau profondément changeant, qui est susceptible de se refaçonner très rapidement sous la main de l’histoire, selon les changements de contexte sociaux et culturels.

Cette observation est encore plus valable pour ce qu’on appelle le « conte de fées » à proprement parler. Avant de renvoyer de façon faussement évidente à une tradition rurale, populaire, immobile, qui nous vient avant tout du romantisme allemand, le « conte de fées » a d’abord une histoire littéraire, intimement liée à Charles Perrault, qui érigea une tradition orale (plus précisément, une partie de cette tradition) en genre littéraire.

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La définition du conte et sa dénomination même n’ont rien de simple. Nous pouvons dire qu’il s’agit d’un récit dans lequel le merveilleux joue un rôle central. Il se trouve associé à la narration orale, particulièrement à celle destinée aux plus jeunes, comme le définissait le jésuite Crasset au milieu du XVIIe siècle : on parle avec dédain « d'un conte de Fées, c'est à dire d'une tradition fabuleuse dont on entretient les enfans ».

« Conte de fées » n’était par ailleurs qu’une expression parmi d’autres. Comme le rappelle une comédie en vers de 1665, on pouvait dire entre autres « conte borgne [,] conte à dormir debout [,] contes bleus [,] contes de vieille [,] contes pour rire [,] contes violets [,] vertdemers, ou...

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