Chronique

La construction des « races » par la médecine coloniale en Afrique

le 14/11/2021 par Delphine Peiretti-Courtis
le 09/11/2021 par Delphine Peiretti-Courtis - modifié le 14/11/2021

Le processus de construction et de définition des catégories raciales, débuté au cours du XVIIIe siècle, se développe activement à partir du milieu du XIXe siècle via la médecine coloniale. Elle jouera un rôle fondamental dans la classification de l’humanité en supposées « races ».

Cet article est paru initialement sur le site de notre partenaire, le laboratoire d’excellence EHNE (Encyclopédie pour une Histoire nouvelle de l’Europe).

Expertise et empirisme : du cabinet parisien au terrain colonial

À partir du milieu du XVIIIe siècle, des naturalistes célèbres tels que Linné, Buffon ou Blumenbach proposent une division de l’humanité en quatre puis en cinq races. Au cours du siècle suivant, les progrès de la médecine et de l’anatomie comparée, la naissance de l’anthropologie ainsi que l’essor de la colonisation expliquent le développement des études sur les races humaines.

Au cours du XIXe siècle, les médecins de la Marine et des Colonies constituent des maillons essentiels dans l’élaboration de ces savoirs sur les races humaines. Considérés par les savants métropolitains, éloignés des réalités coloniales, comme des acteurs indispensables de la « raciologie » (science des races humaines), les médecins coloniaux fournissent des informations jugées essentielles ca...

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