Long Format

La frontière franco-italienne aux temps du fascisme

le par - modifié le 11/02/2021

Entre 1926 et 1940, alors que les relations diplomatiques se tendent entre la France et l’Italie mussolinienne, le poste-frontière de Menton devient un lieu de fascination pour la presse française. Qu’y fait-on ? Qui la traverse ? Que trouve-t-on de l’autre côté ?

A partir du milieu des années vingt, les relations franco-italiennes s’assombrissent. Benito Mussolini, parvenu au pouvoir en 1922, développe une attitude de plus en plus agressive à l’égard de la France. Principaux motifs : soif de supériorité et irrédentisme, le « Duce » considérant que l’Italie doit récupérer les terres qui sont, selon lui, « historiquement » italiennes tel l’ancien Comté de Nice et la Savoie.

La perspective d’une invasion militaire italienne se dessine et un sentiment d’inquiétude gagne les esprits. Jusqu’alors plutôt ouverte, notamment aux nombreux migrants transalpins, et jusqu’alors plutôt perçue comme l’espace du contact entre les deux « sœurs latines », la frontière des Alpes change de nature. Si dans la région frontalière des Alpes du nord entre Modane et Bardonecchia, la tension est palpable, celle-ci est encore plus perceptible sur la frontière littorale, entre Menton et Vintimille, située au débouché de la vallée elle aussi frontalière de la Roya.

Point névralgique de tous les dangers mais aussi de tous les fantasmes, le poste frontière du pont Saint-Louis, fixé en contrebas d’un vallon escarpé depuis le rattachement du Comté de Nice à la France suscite l’attention passionnée de la presse dans une ambiance magnétique.

RetroNews c’est plus de 1500 titres de presse française publiés de 1631 à 1950, des contenus éditoriaux mettant en lumière les archives de presse et des outils de recherche avancés.
Une offre unique pour découvrir l’histoire à travers les archives de presse !


Abonnez-vous à RetroNews et accédez à l’intégralité des contenus et fonctionnalités de recherche.

Newsletter

Plantons le décor : Menton est une superbe station de la Côte d’Azur aux multiples attraits, largement prisée pour son calme, ses jardins, ses plages superbes et son magnifique panorama. Le tourisme de luxe s’y est développé à l’instar de Cannes, Nice ou de la Principauté de Monaco comme en témoigne Le Figaro en août 1934 photographies à l’appui : « Décor grandiose… Féeries de lumière ».

Mais Menton est aussi une ville-frontière : à l’est de la cité des oranges et des citrons, dans le quartier de Garavan, au bout d’une majestueuse et large avenue en bord de mer, une ligne de séparation entre France et Italie vient perturber l’harmonie des lieux. Et l’impressionnant massif rocheux qui la caractérise sur bien des images est surnommé « pas de la mort » en raison du danger qu’il représente pour les migrants clandestins tentant de contourner les douanes et qui parfois, égarés, chutent mortellement du haut des falaises.

C’est donc bien un contraste entre l’extrême élég...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)

Sur le même sujet