Écho de presse

La terrifiante histoire de Paul Grappe, le déserteur travesti

le 07/05/2021 par Julien Morel
le 20/10/2017 par Julien Morel - modifié le 07/05/2021
Paul Grappe en femme, 1925 - Source BnF-RetroNews

De son évasion de la Grande Guerre à son sordide assassinat, l'odyssée de Grappe, l’homme qui s’habillait en femme.

Au milieu de l’année 1915, tandis que la Première Guerre mondiale fait rage dans le nord-est de la France, le caporal Paul Grappe déserte le 102e régiment d’infanterie. Il est immédiatement condamné à mort par contumace. Selon le conseil de guerre, l’homme doit être « fusillé pour l’exemple ».

Pour ne jamais être retrouvé, le jeune homme a alors l’idée de se travestir en femme, et de vivre déguisé le plus de temps possible – jusqu’à ce que la guerre se termine et qu’on l’oublie. Ce qu’il ne sait pas encore, c’est que sa vie, à compter de ce moment, s’apprête à changer à tout jamais.

Pendant douze ans, Paul Grappe est contraint de prendre le nom d’emprunt de Suzanne Landgard. Il continue de vivre avec sa femme Louise Landy dans un modeste appartement des Batignolles, puis du XXe arrondissement parisien. Les deux premières années, il refuse obstinément de sortir de chez lui, se laisse pousser les cheveux et essaie de s’adapter, reclus, à un « mode de vie féminin ». À partir de 1922 et à la suite d’un « court voyage en Espagne », diverses sources font état d’un profond changement dans le comportement de Grappe/Landgard, notamment du point de vue de sa vie sexuelle. Un changement que rien ni personne ne laissait présager avant la guerre.

L’homme travesti se livre en effet à de nombreuses pratiques dissidentes pour l’époque, parmi lesquelles prostitution notoire, échangisme ou bisexualité. C’est son épouse qui travaille afin d’assurer un minimum de revenus au foyer. À la demande de son époux, et tandis que celui-ci ne quitte désormais plus son dé...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Sur le même sujet