Généalogie

Quels diplômes dans la famille ? Retrouvez-les dans RetroNews !

le 14/06/2022 par Tony Neulat
le 13/06/2022 par Tony Neulat - modifié le 14/06/2022
Certificat d’études primaires de l’Aveyron de 1940 - source : © Tony Neulat.

Et si le rôle du généalogiste consistait à immortaliser ses aïeux en contant leur vie et en retraçant leur parcours ? La presse ancienne offre à cet effet de précieux points d’ancrage, notamment scolaires.

Quel que soit le niveau d’études atteint, du certificat d’études primaires au diplôme universitaire en passant par le baccalauréat, votre famille a probablement été mentionnée dans quelque périodique à l’occasion de sa remise de diplôme. En effet, à une époque où l’accès à l’éducation était beaucoup plus restreint, les journaux, en particulier locaux, relayaient de bonne grâce ces heureux événements, comme l’illustrent ces quelques exemples.

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Le certificat d’études primaires

Par la loi Ferry du 28 mars 1882, l’instruction primaire devient obligatoire pour les enfants des deux sexes, et ce jusqu’à l’obtention du certificat d’études primaires ou jusqu’à l’âge de treize ans révolus. L’examen se déroulait au mois de juin, voire début juillet, et était ouvert aux enfants dès l’âge de onze ans. C’est donc entre la onzième et la treizième année de l’enfant, sur une période courant de mi-juin à mi-juillet, qu’il faut rechercher une éventuelle mention de son diplôme. Les journaux locaux publient à cette occasion, généralement par commune ou par école, la liste des reçus en précisant leur nom et prénom, voire la mention obtenue. Ils détaillent parfois le nombre d’admis au regard du nombre de candidats, comme ici, dans La Gazette de Biarritz-Bayonne et Saint-Jean-de-Luz du 4 juillet 1933 :

Les diplômes de l’enseignement primaire supérieur

A l’issue de l’enseignement primaire, les élèves les plus chanceux pouvaient poursuivre leurs études dans deux filières parallèles : soit l’enseignement primaire supérieur, dispensé gratuitement et en vigueur de 1833 à 1941, soit l’enseignement secondaire, payant et réservé aux élites bourgeoises. L’enseignement primaire supérieur préparait au brevet élémentaire à l’issue de trois années d’études ainsi qu’au brevet supérieur, en cinq ans. Ils étaient ainsi passés respectivement à seize et dix-huit ans. Pour retrouver la mention d’un de ces diplômes dans la presse, il s’agit donc de rechercher les mots-clés « brevet élémentaire » ou « brevet supérieur » associés au patronyme désiré, entre la seizième et la dix-huitième année de l’élève. Les listes présentes dans la presse précisent les noms et prénoms des élèves admis, parfois leurs mentions et sont classées par ordre alphabétique ou de mérite. A titre d’exemple, voici un extrait de L’Echo d’Alger du 28 juin 1914 :

Le baccalauréat

Les enfants issus de familles aisées perfectionnaient quant à eux leur éducation dans des collèges et lycées payants. Y était dispensé l’enseignement secondaire préparant au baccalauréat, examen constitué de deux parties successives. Les listes d’élèves admissibles et admis publiées dans la presse permettent ainsi d’identifier l’année d’obtention du baccalauréat, la discipline associée (philosophie, mathématiques, etc.), l’établissement fréquenté ainsi que l’éventuelle mention obtenue comme en témoigne cet extrait du quotidien toulousain La Dépêche du 1er octobre 1941 :

Le rapprochement de divers extraits de journaux permet parfois de disposer d’une vision précise du parcours scolaire d’un enfant. A la lecture de L’Auvergnat de Paris (numéros des 26 octobre 1946, 12 juillet et 26 juillet 1947), nous découvrons ainsi que Christiane Neulat de Cénevières, dans le Lot, a été reçue au baccalauréat de l’enseignement secondaire, première partie, à l’été 1946, et a été admissible puis admise au baccalauréat, deuxième partie, philosophie, en juillet 1947.

Les admissions à l’école normale

Les élèves les plus méritants pouvaient ensuite tenter le concours de l’école normale afin de devenir instituteurs. Dans ce cas, la presse ancienne s’avère de nouveau un précieux allié grâce à ses listes d’aspirants admissibles et admis. Classées par ordre de mérite, elles mentionnent parfois l’école d’origine et donnent ainsi à voir tant le parcours scolaire de l’élève que son milieu social (selon le type d’établissement fréquenté : primaire supérieur ou secondaire). C’est ce que révèle notamment cet extrait de L’Auvergnat de Paris du 18 août 1901 :

« Cinquante-neuf aspirantes se sont présentées aux examens d’admission à l’école normale ; vingt-quatre ont été admissibles aux épreuves orales, et douze définitivement admises. Ce sont, par ordre de mérite :

Mlles Honorine Lacan, des cours secondaires de Rodez […]

39 jeunes gens se sont présentés aux mêmes examens ; 29 ont été admissibles aux épreuves orales et 17 définitivement admis. Ce sont, par ordre de mérite :

MM. Laurent Palangié, de l’école annexe de Rodez… Victorin Nouyrigat, de l’école publique de Sévérac-le-Château ; Maurice Neyrolles, de l’école primaire supérieure d’Aubin […] »

Les examens universitaires

Si la personne recherchée a fait des études supérieures, la presse sera de nouveau d’un grand secours via ses listes nominatives d’élèves reçus dans des grandes écoles, avec généralement le classement de chaque élève. Par ailleurs, le Journal officiel publie également les listes d’entrée et de sortie « des jeunes gens » ou des « candidats » nommés ou admis pour diverses grandes écoles (écoles d’ingénieurs, de commerce, de dessin, d’agriculture, militaires, vétérinaires, médecine, militaires, etc.). Le Progrès de la Somme du 22 juillet 1939 livre ainsi les noms des élèves admis en école de médecine et de pharmacie :

« Ecole de Médecine et de Pharmacie

Les examens de fin d’année de 1re et de 2e année d’études de médecine ont eu lieu les 17, 18 et 19 juillet courant : ceux des élèves sages-femmes le 19 juillet.

En voici les résultats :

Médecine. – 1re année. 10 inscrits et présents.

Définitivement admis : 2.

Avec mention assez bien : M. Poteaux ; M. Baudoux.

Quatre étudiants devront, pour obtenir l’admission définitive, subir de nouveau les épreuves écrites sur une matière : deux sur une épreuve orale, trois sur deux ; deux sur trois ; un sur quatre. […] »

Les prix et récompenses

Vous pouvez également retrouver la trace d’un étudiant au travers des prix qui lui ont été décernés, qu’il s’agisse de concours scolaires ou institutionnels ou de concours organisés par un journal (devoirs de vacances, mots-fléchés, etc.). Le Courrier de Saône-et-Loire du 9 août 1880 immortalise ainsi les élèves du collège de Chalon-sur-Saône qui se sont vu accorder un prix. Le journal précise en effet, par classe et par matière, les noms et prénoms des bénéficiaires. L’Echo d’Alger du 11 juillet 1936 publie pour sa part la liste des prix distribués aux élèves de l’école de garçons Lefèvre et de l’école de filles du village d’Isly :

Le Progrès de la Somme du 7 août 1939 n’est pas en reste. Il consacre un tiers de page au palmarès de l’Ecole régionale des Beaux-Arts et liste les lauréats par type d’œuvre. Palmarès moins solennel mais tout aussi précieux du point de vue généalogique que celui du XIVe concours de devoirs de vacances du quotidien Le Petit Marseillais. Publié dans les numéros des 11, 13 et 14 mai 1939, il énumère des centaines d’enfants via leurs noms, prénoms et lieux de résidence. Sans compter que les photographies des trois vainqueurs égayent cette liste pour le moins aride :

Les bourses

Enfin, les parents de l’étudiant recherché ont peut-être sollicité ou obtenu une bourse ? Dans ce cas, la demande et la décision sont mentionnées dans des publications officielles nationales (Journal officiel) ou locales (rapports et délibérations du conseil général, bulletin municipal…). Les renseignements divulgués peuvent être laconiques (nom uniquement) comme très précis : nom, prénom, date et lieu de naissance du boursier, profession et domicile du père, nombre d’enfants dans la fratrie, école de destination, montant de la bourse. Aussi découvre-t-on dans la longue énumération des boursiers du Journal officiel du 14 avril 1899 que Pierre-Albert Neulat, né le 8 février 1884 à Villefranche (Aveyron) a obtenu une demi-bourse d’internat pour l’école primaire supérieure de Martel (Lot) car son père, sous-chef d’équipe à la compagnie d’Orléans, basé à Souillac, a 5 enfants à charge.

Ce florilège d’extraits de journaux est, je l’espère, éloquent : la presse ancienne constitue une source généalogique de premier plan pour dater les grands jalons du parcours scolaire d’un enfant, aussi bref soit-il. A vous de jouer ! La chasse aux diplômes est ouverte…

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Passionné de généalogie depuis l’âge de douze ans, Tony Neulat est rédacteur dans La Revue française de généalogie et membre de la European Academy of Genealogy. Il partage, depuis 2009, son expérience et ses conseils à travers ses publications et ses formations. Il est également auteur des guides Gallica et RetroNews : deux eldorados généalogiquesRetrouver ses ancêtres à Malte et Trouver des cousins inconnus ou perdus de vue.