Interview

À l'école des filles, « on cherchait avant tout à former des épouses et des mères »

le 31/01/2020 par Rebecca Rogers
le 14/12/2018 par Rebecca Rogers - modifié le 31/01/2020
Filles de l'école de La Baroche, estampe, 1889 - source : Gallica-BnU
Filles de l'école de La Baroche, estampe, 1889 - source : Gallica-BnU

Pour l'historienne Rebecca Rogers, la Troisième République a incontestablement favorisé l'éducation des filles et ouvert la voie de leur émancipation, même si l'objectif était, à l'origine, de former de bonnes épouses et de bonnes mères.

Rebecca Rogers est historienne, professeure à l'université Paris Descartes et spécialiste de l'histoire de l'éducation féminine en France au XIXe siècle. Elle a notamment co-écrit avec Françoise Thébaud, La Fabrique des filles, L’éducation des filles, de Jules Ferry à la pilule, un ouvrage passionnant qui retrace le long cheminement vers l'émancipation féminine.

Propos recueillis par Marina Bellot

RetroNews : Quand, en 1878, Camille Sée propose d’instituer les lycées de jeunes filles, le débat dans la presse est houleux. Un rédacteur du Figaro déclare par exemple qu'il aimerait mieux voir sa fille balayeuse des rues qu’élève d’un lycée de jeunes filles ! Qu’est-ce que cela révèle des préjugés et des peurs de l’époque ? 

Rebecca Rogers : Cela révèle d’abord la manière dont la presse amplifie des mouvements qui ne sont pas majoritaires dans la société ! La question d’envoyer sa fille dans un lycée ne concerne que la population bourgeoise de l’époque.

On voit dans cette réaction les réticences d’une bourgeoisie catholique et conservatrice à confier leur fille à une institution d'Ét...

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