Écho de presse

La création du parc des Buttes-Chaumont en 1867

le 08/02/2022 par Pierre Ancery
le 25/04/2021 par Pierre Ancery - modifié le 08/02/2022

Il y a 150 ans, la presse s'émerveillait devant le tout nouveau parc créé dans la capitale, « la plus belle chose que Paris puisse montrer ». 

Dans les dernières années du Second Empire, l'empereur Napoléon III prend Londres en exemple et veut aérer la capitale. Outre les travaux qu'il confie à Haussmann, il demande à l'ingénieur Jean-Charles Alphand de construire un parc aux buttes Chaumont, un lieu alors insalubre situé sur l'ex-commune de Belleville (rattachée à Paris en 1860). Le site, anciennement appelé "mont Chauve", fut une carrière de gypse avant d'être transformée en décharge.

L'architecte Gabriel Davioud, l'ingénieur Eugène Belgrand et le jardinier Jean-Pierre Barillet-Deschamps participent au projet. Le parc est inauguré le 1er avril 1867, après trois ans de travaux. Superbe jardin à l'anglaise, il séduit aussitôt les journalistes avec son lac, son belvédère, ses falaises et sa grotte artificielle.

La Presse du 28 février, si elle rappelle que "tout est à faire dans les quartiers qui entourent ce beau parc", n'hésite pas à placer celui-ci "au premier rang des curiosités parisiennes". Tout comme Le Petit Journal du 28 mars qui affirme que le parc des Buttes-Chaumont est "la plus belle chose que Paris puisse montrer". Et de rappeler ce qu'était le lieu avant la création du parc :

"Tout était là réuni comme à plaisir – le laid, l'horrible, le dangereux, le puant, l'infect ! La nature y avait mis la sécheresse, l'aridité, des fondrières impossibles ; l'homme y avait établi des dépôts de poudrette et des ateliers d’équarrissage. Pouah !"

Plus rien à voir avec le résultat actuel... Le journaliste s'extasie surtout devant la vue offerte par le parc :

Quel coup d'œil ! quel horizon ! Devant soi Montmartre à l'état de pittoresque perspective ; à gauche Paris, Paris, c'est tout dire !

Il continue sa description dans le numéro du 30 mars :

"Les deux précipices que nous avons à côtoyer ont à notre droite, le chemin de fer de ceinture dans son déblai, tout gazonné et garni d'arbres verts ; à notre gauche, la partie la plus pittoresque du parc, celle qui appelle l'attention d'une manière tout à fait invincible. Ici, en effet, le parc se creuse brusquement en une vallée de 35 à 30 mètres de profondeur pour le moins ; au fond de cette vallée, un lac et non un lac de square, mais un lac de 10.000 mètres de superficie que termine en ce moment une véritable nuée d'ouvriers qui, de la hauteur d'où on les voit, semble presqu'une fourmilière en travail ; au milieu de ce lac, une roche basaltique énorme, une véritable falaise d'Etretat de 50 mètres de haut ; sur cette roche, un temple, un temple rond à colonnes, la reproduction du temple de la sibylle à Rome."

Le journaliste Timothée Trimm renchérit le 14 août en insistant sur les bienfaits du lieu pour les poumons des Parisiens :

"Quand on fait des buttes Chaumont un parc splendide, je me dis que son plus attrayant avantage pour les promeneurs futurs sera l'excellent air qu'on y respirera avant de redescendre dans les profondeurs de Paris."

Avec ses 25 hectares de superficie, le parc des Buttes-Chaumont reste un des plus grands espaces verts de Paris.

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