Écho de presse

L’affaire Van Blarenberghe, le matricide qui fascina Marcel Proust

le 05/12/2021 par Jean-Marie Pottier
le 30/11/2021 par Jean-Marie Pottier - modifié le 05/12/2021
A gauche, Marcel Proust dans Le Figaro littéraire, 1922 ; à droite, reporters attroupés devant le lieu de l’assassinat, Le Journal, 1907 – source : RetroNews-BnF
A gauche, Marcel Proust dans Le Figaro littéraire, 1922 ; à droite, reporters attroupés devant le lieu de l’assassinat, Le Journal, 1907 – source : RetroNews-BnF

En janvier 1907, un bourgeois parisien tue sa mère avant de se suicider. L’écrivain, qui l’a brièvement côtoyé, prend alors la plume dans Le Figaro pour décrire son acte à la lumière de la littérature et de la mythologie. Un texte qui amorce une étape décisive de sa carrière.

Ni fleurs, ni couronnes, seulement deux cercueils placés côte à côte. Le 26 janvier 1907, en l'église Saint-Augustin de Paris, on enterre dans la simplicité l'ingénieur Henri Van Blarenberghe, administrateur de la compagnie de l'Est, l’une des grandes sociétés ferroviaires françaises, et sa mère, Amélie Thiébaut-Brunet. Deux jours plus tôt, le premier a tué la seconde avant de se suicider.

Le drame a eu lieu en milieu d’après-midi dans l’hôtel particulier du 48, rue de la Bienfaisance, près du parc Monceau, où vivent Henri Van Blarenberghe et sa mère, veuve depuis la mort l’été précédent d’Henri Van Blarenberghe père, qui présidait le conseil d’administration de la compagnie de l'Est. Le Journal fait appel au témoignage du cocher de la famille, Bidaut :

« La sonnerie d'alarme retentit à coups précipités... puis des cris d'effroi, des appels déchirants se firent entendre... poussés par Mme Van Blarenberghe : “Henri... tu m'as tuée... Au secours ! À moi...”. [...]

Toute vêtue de noir, Mme Van Blarenberghe gisait sur les marches noyées de sang, secouée déjà par les derniers frissons de l'agonie... Près d'elle, le fou, tenant dans sa main gauche un revolver de fort calibre et dans sa main droite un poignard rouge jusqu'à la garde, se tenait menaçant, les yeux hagards, prêt à faire ...

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