Chronique

Une criminalité « genrée » dans l’Europe des XIXe et XXe siècles ?

le 19/09/2021 par Frédéric Chauvaud
le 14/09/2021 par Frédéric Chauvaud - modifié le 19/09/2021
Marie Besnard, la "bonne dame" de Loudun, en Une de Qui ? Détective, 1950 - source : RetroNews-BnF
Marie Besnard, la "bonne dame" de Loudun, en Une de Qui ? Détective, 1950 - source : RetroNews-BnF

Dès 1830, une Statistique comparée de la criminalité en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne établit la dimension genrée de la criminalité, expression de leur rapport à la violence et aux armes. Ainsi, les plus grands crimes seraient majoritairement le fait d’hommes.

Cet article est paru initialement sur le site de notre partenaire, le laboratoire d’excellence EHNE (Encyclopédie pour une Histoire nouvelle de l’Europe).

En 1835, Édouard Ducpétiaux (1804-1868), abolitionniste et inspecteur général des prisons et des établissements de bienfaisance belges, fait paraître une Statistique comparée de la criminalité en France, en Belgique, en Angleterre et en Allemagne. Il s’agit de la première étude comparative européenne et presque la seule. Elle a toutes les caractéristiques d’une histoire universelle, tout en s’inscrivant dans des cadres nationaux précis.

Pour lui, dans ces quatre pays, les femmes ont été généralement entraînées dans la voie du crime par la « débauche ». Aux femmes la prostitution, aux hommes le vol chronique. Il écrit que la proportion d’accusées, c’est-à-dire traduites devant la juridiction répressive la plus élevée, est un peu moins grande en Angleterre qu’en France.

L’année suivante, la statistique morale d’A...

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