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Le vaccin contre la rage en 1885

le par - modifié le 05/08/2020
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Le 4 juillet 1885, un jeune Alsacien est mordu par un chien porteur de la rage. Atteint par cette maladie jusqu'alors incurable, il est soigné par Louis Pasteur qui accepte de le vacciner. Sa guérison permet de révéler au grand public l’une des découvertes majeures de l’histoire de la médecine.

 

Une œuvre scientifique

Louis Pasteur dans son laboratoire, 1850 - source : Gallica-BnF

Connu pour ses travaux sur la cristallographie, le vinaigre de vin, les vers à soie, la bière, la fermentation, la génération spontanée, Louis Pasteur mène des recherches sur plusieurs maladies. Il arrive à mettre au point le vaccin contre le choléra des poules puis contre le charbon et le rouget du porc.

En 1885, Pasteur fait aboutir, après plus de sept années de travaux, une méthode d’inoculation contre la rage. En effet, plusieurs observations et expériences l’amènent à penser qu’en isolant puis en affaiblissant le virus, il arrivera à vaincre la maladie. En utilisant des moelles de lapins infectées et exposées à un air sec, il obtient des virus affaiblis qui lui permettent de vacciner et d’immuniser contre la maladie. Expérimentée sur des animaux, cette méthode fonctionne et donne de très bons résultats.

Les premiers succès

Caricature de Louis Pasteu, Amand - source : Gallica-BnF

Le 6 juillet 1885, Louis Pasteur reçoit chez lui Joseph Meister, jeune Alsacien, mordu par un chien enragé. Secondé par Vulpian et Grancher, il accepte de tenter la vaccination pour la première fois malgré ses réticences. Cette expérience réussit et Meister ne contracte pas la rage. Quelques mois plus tard, un berger, Jean-Baptiste Jupille, est également vacciné avec succès après avoir été mordu par un chien enragé.

Le 26 octobre 1885, lors d’une communication à l’Académie des sciences, Louis Pasteur rend public ses premières guérisons de la rage par vaccination. Tous les journaux relayent la nouvelle et louent le savant, devenu héros national.

Un succès mondial

Le Petit Journal. Supplément du dimanche, 29 janvier 1894 - source : Gallica-BnF

La nouvelle se répand très vite et les malades arrivent de partout, notamment de Russie. Le dispensaire est rapidement trop exigu en raison du succès. L’une des raisons de ce succès est la virulence de l’épidémie de la rage en Europe à la fin du XIXe siècle.  On déplore, en France, près de 328 cas entre novembre 1889 et février 1890.

Suite à l’appel lancé par Pasteur, une souscription est ouverte pour la construction d’un institut, dédié à la vaccination, à la formation et à la recherche. Cet institut est inauguré le 16 novembre 1888 à Paris. La pratique de la vaccination se diffuse dans toutes les couches de la société (icono 8) et permet de lutter contre de nombreuses maladies.

Réunis au sein de la Ligue internationale des antivaccinateurs, les médecins antivaccinationnistes combattent point par point les travaux de Pasteur. Ses opposants se saisissent du décès d’une patiente, Louise Pelletier, le 1er mars 1886, pour attaquer Pasteur et la pratique de la vaccination mais ne peuvent ternir son image.

Institut Pasteur, 25e anniversaire, vue du bâtiment ; Agence Rol ; 1913 - source ; Gallica-BnF