Chronique

1919-1939 : Les chemins noirs de l’autonomisme alsacien-lorrain

le 14/11/2021 par Édouard Sill
le 28/05/2019 par Édouard Sill - modifié le 14/11/2021
Paysans alsaciens photographiés lors d'un reportage au sujet de la présence nazie en Alsace, Regards, 1938 - source : RetroNews-BnF
Paysans alsaciens photographiés lors d'un reportage au sujet de la présence nazie en Alsace, Regards, 1938 - source : RetroNews-BnF

Durant l’entre-deux-guerres, les velléités indépendantistes d’une partie de la population autrefois allemande se transforment, au fil du temps, en soutien indéfectible au Troisième Reich. Chronique d’une chute libre.

Rattachés au Reich allemand le 10 mai 1871 par le Traité de Francfort qui sanctionne la défaite française de 1870, les deux départements d’Alsace, les trois quarts du département de la Moselle et un quart de celui de la Meurthe avaient disparu au profit d’une vaste région dite Alsace-Lorraine, alors quittée par 5 % de ses habitants partis vers la France et l’Algérie.

Terre de contrastes, francophone, catholique et socialiste, le Reichsland Elsaß-Lothringen avait obtenu de Berlin un statut particulier et libéral, garanti en mai 1911 par une constitution sur mesure, assortie d’un parlement. Tandis que la révolution dressait le drapeau rouge à Strasbourg en novembre 1918, le parlement se muait en conseil national d'Alsace-Lorraine et votait son rattachement à la France, sans négociations malgré les vœux de son président, future figure de l’autonomisme alsacien-lorrain.

Dès 1914, le maréchal Joffre promettait que la France respecterait les usages et les libertés : 

« Notre retour est définitif, vous êtes Français pour toujours la France vous apporte, avec les libertés qu'elle a toujours représentées, le respect de vos libertés à vous, des libertés alsaciennes, de vos traditions, de vos convictions, de vos mœurs. 

Je suis la France, vous êtes l'Alsace. Je vous apporte le baiser de la France. »

De fait, l’autorité chargée de la transition, un commissariat dirigé par Alexandre Millerand, s’était montrée rassurante et avait su s’adjoindre un Conseil consultatif aux prérogatives régaliennes, mais non sans favoriser une « chasse aux Boches » inoculant les germes des difficultés ...

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Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)

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