Écho de presse

Le Procès des Trente ou le fantasme d'une « secte » anarchiste en France

le 17/04/2021 par Marina Bellot
le 19/11/2018 par Marina Bellot - modifié le 17/04/2021
Les accusés du Procès des Trente, illustration parue dans Le Figaro le 8 août 1894 - source : RetroNews-BnF
Les accusés du Procès des Trente, illustration parue dans Le Figaro le 8 août 1894 - source : RetroNews-BnF

En 1894, s'ouvre le procès de trente anarchistes inculpés d'association de malfaiteurs. Une accusation de « complot » dans un climat de chasse à l'homme, qui s'écroulera pourtant dès les premiers jours d'audience.

Présenté comme l’apogée du moment de lutte judiciaire contre l’anarchisme, le « Procès des Trente » s'ouvre en France le 6 août 1894 devant la cour d'assises de la Seine.

Philosophes, écrivains, artistes, ouvriers, ingénieurs, petits commerçants... Trente inculpés sont alors jugés, rassemblés sous un même chef d'accusation : l'association de malfaiteurs. 

Ceux que la cour d'assises de la Seine s'apprête à juger ne constituent rien moins qu’« une secte ayant pour but la destruction de toute société », annonce ainsi avec la plus grande assurance le journal conservateur Le Matin : 

« L'accusation commencera vraisemblablement par établir que les Trente appartiennent à une secte qui établit entre tous ses adeptes des liens de compagnonnage ayant pour but la destruction de toute société, et pour moyens d'action le vol, le pillage, l'incendie et l'assassinat. 

Chacun y concourt suivant son tempérament, son intelligence, ses moyens, ses facultés, l'un en commettant le crime, les autres en poussant à le commettre par l'excitation et par l'assistance que le criminel trouve chez...

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Cet article fait partie de l’époque : Débuts de la IIIe Rép. (1871-1898)