Long Format

Les insurrections contre le train pendant la Révolution de 1848

le par - modifié le 05/08/2020
le par - modifié le 05/08/2020

Épisode méconnu des jours de février 1848, les gares et lignes de chemin de fer furent le théâtre de dégradations sévères entreprises par les émeutiers. En cause, la mobilité du roi fuyant et le jeune capitalisme industriel.

Après la proclamation de la République le 24 février 1848, le peuple de Paris et des départements profite de la vacance du pouvoir pour énoncer ses rêves et ses revendications.

Alors que la République est proclamée et qu’un gouvernement provisoire se met en place en instaurant le suffrage universel, des troubles, révoltes et insurrections s’en prennent à tous les emblèmes honnis du pouvoir : aux châteaux symboles du despotisme, à certaines machines rendues responsables de la misère ouvrière, mais aussi à des trains et à des installations ferroviaires détruits et incendiés en grand nombre autour de Paris les 24 et 25 février 1848.

Ces évènements rarement évoqués dans les histoires de la Révolution de 1848 constituent pourtant une dimension importante pour comprendre le contexte de l’époque. Seul Maurice Agulhon, le grand historien de 1848 et de la république, a prêté attention à ces insurrections contre le train en insistant sur leur ambiguïté :

« Les émeutiers sont mus par des motivations complexes et difficiles à interpréter. Il arrive que ces destructions s’insèrent dans une mobilisation politique locale. Ainsi, en 1848 l’attaque de la gare de Valenciennes sur la ligne du Nord avait été menée par des républicains en vue d...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée.