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Arthur Koestler, prisonnier des geôles de Franco

le par - modifié le 19/11/2021

Au début de la Guerre d’Espagne, le grand reporter communiste se rend incognito au quartier général du futur dictateur afin de commenter le conflit depuis le côté adverse. Reconnu, il est emprisonné sur-le-champ et condamné à mort pour espionnage.

L’écrivain et journaliste Arthur Koestler pourrait ressembler à une version polyglotte et politiquement engagée du personnage de Tintin.

Issu d’une famille juive commerçante de Budapest, le jeune homme fait ses études dans la capitale viennoise de ce qui est encore l’empire austro-hongrois. En 1918, à 13 ans, c’est un spectateur enthousiaste de la Commune de Budapest. Par la suite, il est tenté par le sionisme, ce qui l’entraîne en Palestine (1926-1929), où après divers métiers (vendeur dans un kibboutz, assistant d’un architecte arabe), il s’engage dans l’édition de presse et le journalisme. Plus tard, installé à Berlin, il assiste à la montée du NSDAP et adhère secrètement, en décembre 1931, au KPD (parti communiste allemand). Il passe ensuite la plus grande partie de l’année 1933 en URSS, puis arrive en France se rendant parfois aussi en Belgique.

En août 1936, il part en reportage au Portugal et en Espagne, non pas officiellement pour la presse communiste, mais pour le News Chronicle, futur Daily Mail, journal libéral qui est cependant dès le départ nettement antifranquiste. Le quotidien anglais n’envoie d’ailleurs pas moins de trois correspondants en Espagne au début de la guerre civile. Mais contrairement à ses confrères partis du côté républicain, c’est à Séville que Koestler part enquêter, au quartier général de ceux qu’il nomme « les rebelles ». Pour ne pas éveiller la méfiance, il est aussi muni d'une accréditation du plus conservateur Pester Loyd, qui paraît en Hongrie.

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Il n’est évidemment pas le seul correspondant qui écrira pour la presse française durant ce conflit. Parmi les 120 reporters mandatés depuis la France qui se succèdent en Espagne entre juillet 1936 et le début de l’année 1939, on a surtout des hommes, quelques femmes et beaucoup d'écrivains. Parmi eux, on peut citer quelques noms : Saint-Exupéry pour L’Intransigeant, le journaliste et critique d’art André Salmon ou Andrée Viollis, partis dès la fin juillet pour Le Petit Parisien, sa fille, Simone Téry pour L’Humanité et Regards, un peu plus tard en 1937-38, Joseph Kessel pour Paris-Soir, ou, toujours au tout début du conflit, Paul Nizan pour L’Humanité, et Paul Vaillant-Couturier joint par téléphone à Hendaye pour le même journ...

Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)

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