Écho de presse

Le prix Nobel de chimie à Marie Curie en 1911

le 14/12/2021 par Isabelle Chalier
le 23/04/2018 par Isabelle Chalier - modifié le 14/12/2021
Marie Curie, Agence Rol - source : Gallica-BnF

Le 10 décembre 1911, Marie Curie reçoit un second prix Nobel pour la découverte et l’étude des propriétés du polonium et du radium après avoir obtenu en 1903 un premier prix Nobel, de physique, avec son mari Pierre Curie et Henri Becquerel.

Le 10 décembre 1911, Marie Curie reçoit son second prix Nobel, « en reconnaissance des services pour l’avancement de la chimie par la découverte de nouveaux éléments : le radium et le polonium, par l’étude de leur nature et de leurs composés »

Auparavant, elle avait obtenu en 1903 le prix Nobel de physique avec son mari Pierre Curie — qu’elle avait épousé en 1895 — et Henri Becquerel, pour leurs travaux sur la radioactivité. À l’origine, le Comité Nobel ne souhaitait pas l’associer à la récompense mais Pierre Curie est intervenu pour qu’y soit ajoutée Marie.

Malgré le décès brutal et accidentel de son mari en 1906, elle poursuit ses recherches et enseigne à la Sorbonne, une première pour une femme. Le 1er décembre 1910, Le Figaro révèle au grand public que Marie Curie envisage de poser sa candidature à l’Académie des sciences, ce qui suscite un débat sur la recevabilité des femmes : 

« La commission administrative centrale de l’Institut de France s’est réunie hier à deux heures […] Il y avait, en effet à l’ordre du jour, la lettre, la fameuse lettre sur les candidatures féminines. »

Et de conclure :

« Les frontières de l’Institut vont-elles cependant s’abaisser devant le haut mérite de Mme Curie ? C’est ce que répondra la séance plénière du 4 janvier. »

Le débat prend alors une certaine ampleur et une bataille académique s’engage. C’est finalement Édouard Branly, un précurseur de la radio, qui l’emporte comme le rapporte Le Temps du 25 janvier 1911 : 

« Ce choix, déjà si difficile entre M. Branly et Mme Curie, provoquait aussi tout autour de l’Institut un choc d’arguments qui n’ont rien à faire avec la science. Certaines personnes envisageaient avec peine l’élection possible de Mme Curie, parce qu’elle est une femme, et que jusqu’à présent, l’Institut n’a pas accueilli les célébrités du sexe féminin. D’autres prêchaient une sorte de croisade à rebours contre M. Branly, parce qu’il est professeur à l’institut catholique de Paris […]. C’est M. Branly qui est élu par 30 voix contre 28. On peut bien dire à présent, sans nuire à personne, que son échec eut été regrettable. »

Cette même année éclate l’affaire Paul Langevin. Célèbre physicien français, il entretient une liaison avec Marie Curie. L’aventure, révélée par Le Petit Journal du 5 novembre 1911, défraie la chronique et l’opinion publique s’en empare : 

« Une aventure qui va causer dans le public une profonde surprise et qui aura, on peut le dire, un retentissement mondial, à cause des personnalités qui en sont les héros, est actuellement soumise à la justice. Nous la connaissons depuis plusieurs mois déjà, et nous aurions continué à la garder secrète, si le bruit n’avait couru hier que les deux acteurs de ce roman avaient pris la fuite, abandonnant l’un son foyer, sa femme et ses enfants, l’autre renonçant à ses livres, à son laboratoire,  à sa gloire. »

 L’extrême droite se déchaîne contre Marie Curie « l’étrangère ». Malgré cette affaire, le prix Nobel lui est décerné et Marie Curie vient le recevoir à Stockholm le 11 décembre 1911. Mais dans ce contexte agité, l’événement passe relativement inaperçu et bénéficie de quelques lignes seulement dans Le Temps du 13 décembre 1911.

Elle devient ainsi la première personne à obtenir deux prix Nobel pour ses travaux scientifiques.

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