Long Format

Haine des catholiques sous le Troisième Reich : expression d'un « paganisme » nazi ?

le par - modifié le 05/08/2020

Tout au long des années 1930, l’Église catholique allemande pâtit des mesures restrictives imposées par le régime. Derrière ces abus du Concordat, la presse française (et notamment de droite) voit l’avènement d’un paganisme völkisch prôné par une partie de l’élite nazie.

Au moment de la montée du nazisme à la fin des années 1920, la presse catholique française considère déjà le national-socialisme comme une forme de « paganisme ». La question de la nature de la foi des militants nazis est également posée non sans humour par les Juifs français dans L’Univers israélite, dès 1927 :

« Le général allemand Ludendorff vient de prendre une décision pour laquelle nous ne trouvons pas d’épithète. Il a annoncé, en effet, son intention d’abandonner l’Église parce que celle-ci reconnaît la divinité de Jésus, qui était juif.

Le vieux Ludendorff ne veut pas d’un “Jude” pour dieu.

Il a mille fois raison ! Il faut être logique, que diable ! Le foudre de guerre s’est souvenu qu’il existe un dieu de pure souche germanique : Wotan, le terrible Wotan qui, sans les opéras de Wagner, serait bien oublié aujourd’hui…

C’est donc désormais Wotan que Ludendorff invoquera, c’est à lui qu’il demandera la victoire pour l’Allemagne à la prochaine “fraîche et joyeuse”. C’est Wotan qui sera le dieu des racistes jusqu’au jour où un farceur prouvera que Wotan était juif, lui aussi. Et alors, Ludendorff ne saura plus à quel dieu se vouer. »

L’accusation de « paganisme » forgée à l’encontre de l’extrême droite allemande est donc ancienne. Cette accusation se fera de plus en plus virulente dans les milieux catholiques à la fois au fur et à mesure de la montée des tensions géopolitiques et de l’évolution anticatholique du régime national-socialiste.

Le néopaganisme nationaliste, profondément raciste, doit être vu comme un héritier d’une forme de romantisme politique, dans sa volonté de reconstruction d’un passé national, dans son refus de la modernité issue des Lumières, et dans son rejet à la fois de la Révolution française, de la révolution industrielle et du libé...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)

Sur le même sujet