Chronique

A l'asile : histoire des institutions psychiatriques en Europe

le 18/05/2021 par Fanny Le Bonhomme et Anatole Le Bras - modifié le 27/05/2021
Comité de direction de l'asile de Bitray et chefs de chambrées, tous choisis parmi les internés, 1915 - source : WikiCommons
Comité de direction de l'asile de Bitray et chefs de chambrées, tous choisis parmi les internés, 1915 - source : WikiCommons

Au tournant des XVIIIe et XIXe siècles naît l’asile moderne en Europe, modèle institutionnel reposant sur l’isolement des malades mentaux. S’il s’impose largement au XIXe siècle, le modèle asilaire suscite de vives critiques dès sa naissance.

Cet article est paru initialement sur le site de notre partenaire, le laboratoire d’excellence EHNE (Encyclopédie pour une Histoire nouvelle de l’Europe).

Le grand renfermement européen : essor général, temporalités variables

L’asile moderne naît en Europe au tournant des XVIIIe et XIXe siècles de la combinaison d’un savoir, d’un mode de traitement et d’un modèle institutionnel. Le « traitement moral » de Philippe Pinel (1745-1826), fondé sur la croyance en la curabilité de la folie, vise à prendre appui sur la part de raison encore présente en chaque individu. Il trouve sa traduction dans l’élaboration de modèles de vie institutionnelle, comme celui de la « retraite » d’York, fondée par William Tuke (1732-1822).

L’asile, conçu comme une « machine à guérir », est un instrument curatif en soi, qui répond par une même mesure – l’isolement – à un objectif humanitaire et à un objectif sécuritaire.

À chaque pays sa grande figure et sa grande loi fondatrice : celle de 1838 en France devient un modèle qui inspire partiellement celle de 1845 au Royaume-Uni ou celle de 1850 en Belgique. L’asile d’aliénés se diffuse massivement à l’échelle européenne. En 1878, on dénombre 104 établissements pour aliénés en France. Ils sont 279 en Allemagne en 1899.

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