Écho de presse

La maladie mise en scène : les leçons sur l'hystérie de Charcot à la Salpêtrière

le 25/05/2021 par Pierre Ancery
le 19/05/2021 par Pierre Ancery - modifié le 25/05/2021
Une leçon clinique à la Salpêtrière, tableau d'André Brouillet, 1887 - source : WikiCommons
Une leçon clinique à la Salpêtrière, tableau d'André Brouillet, 1887 - source : WikiCommons

À partir de 1882, le célèbre neurologue Jean-Martin Charcot donne des leçons publiques sur l'hystérie, au cours desquelles il hypnotise ses patientes. Alors que le Tout-Paris se presse à ces séances, des critiques émergent dans le corps médical, mais aussi dans les journaux.

Janvier 1882. Parmi les gloires de la médecine française de l'époque, Jean-Martin Charcot (1825-1893) est probablement le praticien plus célèbre. Fondateur de la neurologie moderne, premier médecin à introduire la démarche scientifique dans l'étude des maladies du système nerveux, il est acclamé en France comme à l'étranger au moment où il se voit confier une chaire créée spécialement pour lui à l'hôpital de la Salpêtrière, à Paris.

Là, Charcot se livre à des travaux sur l'hystérie qui vont avoir un grand retentissement, tant dans le champ médical qu'auprès du grand public. Maladie aux contours flous (aujourd'hui exclue de la nosographie psychiatrique), « l'hystérie » est alors considérée comme une névrose spécifiquement féminine aux symptômes protéiformes : délires, syncopes, crises de nerfs, spasmes, convulsions. Charcot va ordonner ces symptômes en un modèle conceptuel qu'il nomme « grande hystérie ».

Pour ses recherches, le neurologue a recours a une méthode jusque-là décriée : l'hypnose. Rejetée par l'Académie des Sciences, qui l'identifie à ce qu'on appelait jadis le « magnétisme animal », elle est pourtant utilisée depuis la fin des années 1870 par Charcot, qui parvient progre...

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