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Gheel, la ville libre des « fous »

le par - modifié le 04/06/2021

Dans la campagne flamande, une petite commune fait office, depuis le Moyen Âge, de refuge aux personnes atteintes de maladies mentales. Ce « paradis des fous », havre de paix et relique du passé, fascine la presse française.

Gheel (aujourd’hui Geel, province d’Anvers) est une modeste bourgade rurale de la Campine, province septentrionale de la Belgique flamande. Cette région sablonneuse, semblable aux landes humides de Sologne, est longtemps demeurée isolée des routes.

C’est aussi le lieu qu’aurait choisi au VIIe siècle, Dymphne, une princesse irlandaise secrètement baptisée, pour fuir le désir de son roi de père, croyant retrouver en sa fille son épouse défunte. La folie paternelle la retrouve dans son refuge flamand. Et puisqu’elle refuse de l’épouser, il lui trancha la tête. Vierge et martyre, Sainte Dymphne est née, selon son mémorialiste du XIIIe siècle et Le Figaro.

Elle porte donc l’épée de son martyre, mais tient de l’autre un démon enchaîné à ses pieds, domestiqué.

Car le lieu de son martyre a donné naissance à un pèlerinage attesté depuis le Moyen Âge, c’est « la Sainte qui guérit les fous ». Sainte patronne des « possédés », des aliénés et des fugueurs, mais aussi des soignants, elle a la réputation de tranquilliser les déments et de ramener à la raison des déraisonnés.

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Depuis le XVe siècle, l’église de Gheel comprenait une « chambre des malades » recueillant ceux que l’on confiait aux bons soins de la sainte. Trop nombreux, l’habitude fit qu’on les repartît bientôt dans les chaumière...

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