Chronique

L’« affaire de Glozel », ou comment un champ de ruines a divisé la France

le 08/11/2019 par Stéphane François
le 16/10/2019 par Stéphane François - modifié le 08/11/2019
Fouilles au lieu-dit de Glozel dans l'Allier, Agence Meurisse, 1927 - source : Gallica-BnF
Fouilles au lieu-dit de Glozel dans l'Allier, Agence Meurisse, 1927 - source : Gallica-BnF

À la fin des années 1920, tandis qu’une famille découvre des vestiges anciens dans son village, un débat médiatique est engagé : ces artefacts préhistoriques attestant de la naissance de l’écriture en Europe seraient-ils des faux ?

Le premier mars 1924, à Glozel, un lieu-dit du département de l’Allier, deux personnes, Émile Fradin, un adolescent de 17 ans et son grand-père Claude Fradin, découvrent, en défrichant un champ, un ensemble d’objets, de pierres taillées et surtout de tablettes gravées. Les deux découvrent une cavité consolidée au sol dallé et aux parois consolidées avec des briques, contenant des ossements, des instruments en pierre ou en os et des fragments de céramique. La découverte fait le tour du hameau et ses habitants viennent observer le site, certains ramenant même des objets chez eux.

L’institutrice du village apprend la découverte et contacte à la fois son Inspection académique et différentes « sociétés savantes » locales. Les membres de ces sociétés, non formés aux pratiques archéologiques scientifiques, pratiquent à leur tour des fouilles, qui seraient qualifiées aujourd’hui de « sauvages », c’est-à-dire faites sans méthode, saccageant le site, détruisant la fosse et des objets. Affirmant que les objets n’avaient que peu d’intérêt, ils incitent la famille Fradin à mettre le champ en culture. Ce qui est fait.

Sauf que l’un de ces membres, un instituteur du nom de Benoit Clément, analysant l’une de ces tablettes gravées, pense le contraire. À partir de ce moment...

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