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Les « Courriers de Paris » : naissance d’un journalisme au féminin

le par - modifié le 07/02/2021
le par - modifié le 07/02/2021

Sous le nom de « Vicomte de Launay », Delphine de Girardin tenait dans La Presse une chronique mondaine au sujet de la vie parisienne. À la fois très conservateurs et très libéraux, ses « courriers » dessinent un portrait de femme privilégiée pendant la Monarchie de Juillet.

Le 29 septembre 1836, les lecteurs du journal La Presse découvrent en première page cette appréciation pour le moins originale de l’actualité récente :

« Il n’est rien arrivé de bien extraordinaire cette semaine : une révolution au Portugal, une apparition de république en Espagne, une nomination de ministres à Paris, une baisse considérable à la Bourse, un ballet nouveau à l’Opéra, et deux capotes de satin blanc aux Tuileries. »

Sous le titre « Courrier de Paris », l’article occupe la partie inférieure de la page, réservée au feuilleton, qui regroupe, à l’époque, des chroniques, des critiques littéraires ou artistiques, des petits récits, des faits divers de toute nature. Pas d’explication ni d’illustration, mais quelques lignes ont suffi pour faire entendre un ton, un style, un esprit, qui tranchent radicalement avec le reste de l’information du jour.

Et la suite est à l’avenant : sur trois pages, le « Courrier de Paris » bavarde, commente, ironise, persifle, sans logique ni hiérarchie apparentes, sautillant de la politique à la chronique, de la mode au théâtre, des salons aux boulevards, ramassant toutes les facettes chatoyantes et contradictoires de la société parisienne.

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L’auteur de cet aimable bavardage ? Un certain vicomte Charles de Launay – pour l’heure, inconnu au bataillon. Les lecteurs ont peut-être déjà flairé, sous la ronflante titulature, un pseudonyme – ce type de rubrique appelle souvent une signature à particule, plus ou moins authentique. Personne n’ignore que celle d’Émile « de » Girardin, le fondateur du journal, dissimule ...

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