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Les Roms en France, chroniques d’une stigmatisation

le par - modifié le 17/09/2021

Exerçant à la fois fascination et rejet de la part des journaux, la communauté tsigane est abondamment citée dans les colonnes des faits divers et des arts du premier XXe siècle. Louée pour son caractère « libre », elle est tout autant honnie, à grands renforts de stéréotypes.

Le 16 juillet 1912, une loi contraint les « nomades » à posséder « un carnet anthropométrique d’identité » pour se déplacer. Cette discrimination administrative atteste de l’hostilité envers une population que pour des raisons de commodités nous qualifierons de Roms, même si ce n’est pas le terme employé à l’époque, où l’on parle de Tsiganes, de Gitans, de Romanichels ou de Bohémiens, de Zingari, et parfois de Gypsies ou de « Gitanos », en mélangeant dans ces vocables groupes nés et vivants en France depuis des générations, et nouveaux arrivants.

Cette loi, qui touche aussi d’autres itinérants (vagabonds, clochards, mendiants, marchands ambulants, travailleurs saisonniers ou forains), mais vise particulièrement les Roms, s’inscrit en effet dans un processus d’identification, de contrôle et d’encadrement des populations nomades, qui s’intensifie à la fin du XIXe siècle et au début du XXe, avec l’arrivée de populations immigrées venant d’Europe Centrale et Orientale.

En parallèle avec ce corpus de lois discriminantes qui culmine avec la loi de 1912 (abrogée en 1969 seulement), incarnant, comme celles des Juifs ou des « métèques », la figure du bouc-émissaire, la stigmati...

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Cet article fait partie de l’époque : Rép. radicale (1898-1914)