Long Format

Les prémices du gospel : hymnes, spirituals, et jubilee songs

le par - modifié le 26/10/2021

La musique que l’on nomme en langage courant gospel est en réalité un canevas au sein duquel on retrouve un certain nombre de musiques « spirituelles » afro-américaines. Dans le sillage du jazz, toutes ont trouvé un écho en France à compter des années 1920.

Les musiques religieuses constituent le troisième pilier des musiques africaines-américaines avec le jazz et le blues.

A la suite du mouvement d’évangélisation du XVIIIe siècle, les esclaves noirs se mirent à chanter des hymnes protestants qui évoluèrent en chants inspirés, les « spirituals », dès 1800, dans leurs propres églises avec leurs propres pasteurs, puisant leur inspiration dans l’Ancien Testament et la Bible. Les negro spirituals apparaissent après 1865 (fin de la Guerre de Sécession et émancipation des esclaves) et sont chantés, le plus souvent, a capella, par des chorales universitaires noires à destination d’un public blanc pouvant payer pour assister à leurs récitals.

Le reste, c’est-à-dire la quasi-totalité des communautés noires américaines poursuivirent l’évolution des spirituals en jubilee songs, inspirées à la fois par la Bible mais aussi, progressivement, par les récits des Evangiles (Nouveau Testament et Gospel) ; ils s’accompagnaient de divers instruments de musique (piano, guitare, voire orchestres de jazz au complet) et affichaient des rétentions africaines (syncopes, canevas appel-réponse, polyrythmie) et d’une belle diversité d’interprètes : solistes des deux sexes, quartettes masculins, chorales, évangélistes itinérants, pasteurs aux sermons enfiévrés, etc.

Cette évolution se poursuivit dans la même voie, tout au long des premières décennies du XXe siècle jusqu'à l’apparition ...

Cet article est réservé aux abonnés.
Accédez à l'intégralité de l'offre éditoriale et aux outils de recherche avancée


Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)

Sur le même sujet