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Terreur ! Qui sont les « Marsouins apaches » cherbourgeois ?

le par - modifié le 12/01/2022

Surfant sur la « vague apache » déferlant dans la presse au début du XXe siècle, Le Matin relaie les méfaits d’un groupe de marins d’infanterie dans un port normand. S’ensuit un récit propre à la couverture criminelle d’alors : argot, couteaux et violence supposée des grands centres urbains.

« Ils volent, violent, chourinent à l'envi. »

Le 21 avril 1907 le sous-titre de l'article « Marsouins Apaches » du journal Le Matin dénonce les méfaits des crimes « commis par les marsouins », des soldats de l'infanterie de Marine.

Dans cet article, le quotidien parisien se veut le seul rapporteur de la « situation singulière » d'un port de province. Il s'agit de la ville de Cherbourg, d'environ 35 000 habitants, représentée comme menacée par les criminels. Le texte illustre la place du phénomène apache dans la presse parisienne et y ajoute une dimension provinciale et portuaire. Le quotidien se revendique à la fois enquêteur pour mettre au jour les méfaits des délinquants, et acteur dans la lutte contre leurs agissements.

Le thème des marsouins apaches rejoint la longue liste des faits-divers criminels. Tout en illustrant l'exagération fait-diversière et les usages de l'enquête dans la concurrence entre les titres de presse, il alimente les représentations des ports malfamés.

Un port livré aux crimes des marsouins apaches

« Statistiques rouges » : Le Matin énumère ainsi la liste des crimes commis à Cherbourg entre le 4 janvier et le 1er avril. L'article liste les agressions, bagarres et rixes dans la ville. La litanie des faits-divers permet surtout de dénoncer « Les vrais coupables », c'est-à-dire « les troupes coloniales et les marins […] qui figurent à peu près seuls dans la statistique criminelle ». Le journ...

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