Écho de presse

Cyclisme : les débuts du dopage pendant le Tour de France

le 03/08/2019 par Rod Glacial
le 17/07/2019 par Rod Glacial - modifié le 03/08/2019
Caricature d'un coureur du Tour de France aux prises avec son entraîneur lui administrant des produits dopants, Match, 1932 - source : RetroNews-BnF
Caricature d'un coureur du Tour de France aux prises avec son entraîneur lui administrant des produits dopants, Match, 1932 - source : RetroNews-BnF

Au début du XXe siècle, tandis que le cyclisme s’affirme comme un sport populaire et rémunérateur, le « doping » fait son apparition parmi les « forçats de la route ». Vite, la polémique enfle et la presse se questionne.

Si le terme « doping » – ou « dooping » – apparaît dans la presse au tout début du XXe siècle (cet anglicisme sera francisé en « dopage » des années plus tard), il est d’abord désigné pour pointer du doigt la course hippique. En effet, il est alors mal vu quoique commun de « vitaminer » sa monture, L'Ouest-Eclair détaillant au passage le mélange le plus répandu parmi les entraîneurs souhaitant galvaniser leurs chevaux : 25 centigrames d'arséniate de strychnine, 50 centigrames de caféïne et un gramme de sulfate de cocaïne. Le tout planqué dans une carotte.

Vite, la pratique touche d’autres sports. La Presse évoque en 1909 un breuvage noirâtre avalé par le boxeur Sam McVey durant un combat. En 1912, L'Intransigeant balance sur le doping dans le sport auto et l'éther injecté dans les moteurs en vue de leur donner un coup de fouet. Concernant le cyclisme, toujours rien.

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Dans les années 1912 et 1913, Le Petit Journal met en lumière la nouvelle réglementation des courses de chevaux et les premières mesures prises contre le doping, renvoyant les entraîneurs et les managers à leur responsabilité. Un procès, impliquant le cheval « Bonbon rose » et relaté en détail dans les colonnes du Gaulois, s’ouvre en 1914. Ses propriétaires risquent de devoir rembourser la prime de course, ainsi que 250 000 francs de dommages et intérêts.

Il faut toutefois attendre le début des années 1920 pour que des journalistes publient des tribunes contre cette nouvelle forme de triche dans la pratique sportive. En 1923, le quotidien socialiste Le Populaire s’insurge :

« Les sports, et surtout la compétition entre professionnels, sont devenus une telle bataille ardente, que pour triompher, pour gagner coûte que coûte certains managers n'hésitent pas à donner à leurs poulains un mystérieux breuvage contenu dans un mystérieux flacon. En argot sportif, c'est la “dynamite”, le doping. […]

Son résultat est immédiat, il fait passer la défaillance, agit sur le système nerveux, donne le coup de fouet qui assure la victoire. Mais à quel prix ?

L'organisme se ressent vite de l'usage de ses poisons nocifs, et pour un éphémère succès, le moteur est vite détraqué. »

Marcel Gentis tente de détendre l'atmosphère dans un édito du magazine des passionnés de cyclisme La Pédale en 1924, se servant du doping afin de fustiger le nationalisme, et en laissant entendre que celui-ci, à petites doses, demeure « acceptable ». Sans doute ne mesurait-il pas la puissance du scandale à venir, quelques mois plus tard, sur les routes du Tour de France.

Le Tour, qui vient de reprendre après le hiatus de la Première Guerre mondiale, voit un nouveau Français briller sur la compétition après dix années de victoires belges. C'est donc avec stupeur que le public apprend la nouvelle dans Le Petit Parisien du 27 juin 1924 : Henri Pélissier, vainqueur de l'édition 1923, et son frère Francis, abandonnent au bout de la troisième étape. Sous la plume d'Albert Londres, ...

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Cet article fait partie de l’époque : Entre-deux-guerres (1918-1939)