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Le début des travaux d'Haussmann en 1853

le par - modifié le 13/04/2022
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L'empereur Napoléon III décide de confier la réalisation d’un nouveau Paris au préfet de la Seine, le baron Haussmann. Ce dernier lance des travaux gigantesques pour restructurer la capitale entre 1853 et 1870. La ville de Paris devient alors un énorme chantier dont elle sortira totalement transformée, non sans un certain coût historique, économique et social...

Les premiers travaux, le premier réseau

Le 8 janvier 1853 dans La Presse, on annonce l’exposition du plan parcellaire à la mairie du 4e arrondissement pour que les propriétaires de la rue de Rivoli en prennent connaissance avant l’expropriation et la démolition. Le Constitutionnel du 4 janvier 1853 se félicite de la fin de l’année 1852 et se réjouit des progrès qui s’annoncent dans l’industrie, le commerce, les chemins de fer et l’urbanisme : « immenses travaux », « percemen[t]s » et « constructions gigantesques »… Dès le début des travaux, l’empereur Napoléon III se rend à la colonnade du Louvre et rue de Rivoli pour visiter les travaux ainsi que le rapporte Le Constitutionnel du 7 janvier 1853. Le tracé de ce premier réseau suscite des discussions que la presse vient relayer. Ainsi Le Journal pour rire du 12 août 1854 tourne en dérision, non sans une certaine grivoiserie, la description du tracé projeté du boulevard du Centre (qui deviendra le boulevard de Sébastopol) proposé par les édiles parisiens : un axe qui doit « épouser la rue Salle-au-Comte dans toute sa longueur ». Un deuxième réseau est entamé à partir des années 1860 avec le percement de l'avenue de l'Opéra. Le pouvoir impérial entend s’exercer pleinement ds une ville dépourvue de maire. L’objectif est de faire de Paris une grande capitale : la grandeur de la capitale doit témoigner de celle du régime.

La maison Prévotale au n° 17 de la rue d'Argenteuil démolie par le percement de l'Avenue de l'Opéra ; dessin , J.A Chauvet, 1881 - source : Gallica-BnF

Destruction et reconstruction de l’Hôtel-Dieu

La Presse du 24 septembre 1864 annonce qu’ « après un siècle entier de projets et de tentatives d’exécution avortées, l’Hôtel-Dieu est sur le point d’être reconstruit ». Fondé au Moyen Âge, cet asile de charité, construit sur la rive sud de l'île de la Cité, avait déjà été, à plusieurs reprises, reconstruit et agrandi. Son état de vétusté et d’insalubrité imposait d’énormes changements. Restait à déterminer sa nouvelle localisation… En 1864, « le choix de l’emplacement vient d’être soumis à l’enquête » et c’est le moment idéal pour faire le point selon La Presse. Le journaliste estime qu’il faut éviter d’y concentrer à nouveau plus de 800 lits et qu’il vaut mieux deux hôpitaux distincts. Il préconise également une superficie minimale et estime que l’emplacement de la Cité de 22 000 mètres est trop restreint et ce « serait une solution dangereuse pour les malades et compromettante pour l’administration qui l’exécuterait ». Finalement Napoléon III décidera de reconstruire l’Hôtel-Dieu dans la Cité, mais un peu plus au nord.

Travaux de démolition de l'hôtel dieu ; dessin, J. A. Chauvet, 1880 - source : Gallica-BnF

Des travaux contestés

À partir de décembre 1867, Jules Ferry publie dans Le Temps, un journal d’opposition, Les Comptes fantastiques d’Haussmann, une série de pamphlets à succès contre le préfet Haussmann, l’accusant d’avoir largement dépassé le budget initial des travaux. Le moyen privilégié pour les mener à bien est alors le décret d’expropriation d’intérêt public (la déclaration d’intérêt public dépend de l’empereur seul), au grand dam des propriétaires parisiens. Surtout, le financement est souvent acrobatique (très nombreux emprunts et de multiples opérations à la limite de l’illégalite, une multitude de délits d’initiés...).

Dès lors Jules Ferry s’intéresse régulièrement au budget de la ville. Dans Le Temps du 9 janvier 1869, il publie un article intitulé « Un nouveau compte de Mr. Haussmann ». Il y analyse le dernier mémoire du préfet de la Seine. Il reconnaît une certaine « prudence », une relative « sagesse », contrairement aux mémoires antérieurs mais continue de dénoncer les travaux ruineux comme ceux de l’avenue Napoléon. Il souligne les manipulations d’Haussmann, les artifices qu’il entend surveiller. Le Temps du 17 janvier 1867 déplore également la destruction de quartiers entiers, la construction de « vastes clapiers à locataires » que « l’exagération des loyers rend inaccessibles aux anciens habitants du quartier ».

Bibliographie

 

Michel Carmona, Haussmann, Fayard, Paris, 2000.


François Loyer, Paris XIXe siècle - L’Immeuble et la rue, Hazan, Paris, 1994.


Pierre Pinon,  Atlas du Paris Haussmannien - La Ville en héritage du Second Empire à nos jours, Parigramme, Paris, 2002.

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